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Re: TEMOIGNAGE SUR LA CHOUHA 1975 le Sam 2 Fév - 21:36
admin
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Un exemple de la crise de l'Etat nation en Algerie :
Auteur: Arezki Derguini
Les chercheurs pourraient aujourd'hui s'accorder sur le fait que les rapports entre ces deux termes ne sont pas régis par une loi générale, après avoir longtemps réduit l'un des termes au second. La confusion, l'association entre les deux termes signifiait l'intégration de la construction nationale dans la construction étatique (Darviche 2001). Comme on a pu le supposer dans nos sociétés, la construction nationale devait suivre la construction étatique si elle devait prendre quelques consistances. Car pour beaucoup au départ, la construction nationale (la «Nation») si elle n'était pas le problème (la société traditionnelle comme obstacle au développement) ne prenait aucune consistance propre et ne pouvait donc être le point de départ de la construction étatique. Il y avait donc dans l'esprit de nos planificateurs un projet de construction étatique, la société se réduisant aux individus organisés par une telle construction et la Nation à une référence idéologique abstraite empruntant à des réminiscences sociales diverses (religieuses et tribales principalement). Dans le sillage de la logique coloniale, la construction étatique continue de vouloir intégrer la construction sociale dans la construction étatique, c'est-à-dire de séparer les individus de telle sorte qu'ils ne peuvent constituer des puissances, des collectifs réels dont les interactions pourraient être à la base d'une dynamique sociale. On peut se demander si cette confusion n'ajoute pas des difficultés à l'aboutissement des deux processus (Linz 1997).
Dans une telle problématique de la construction étatique, on peut se demander à quoi pourrait bien servir la construction nationale. Pour les uns la question ne se pose pas ou peut servir d'alibi, pour d'autres elle aiderait à mieux comprendre son oubli, son effacement mais aussi à voir si les succès ou les échecs de l'une doivent être associés ou non aux succès et échecs de l'autre.
Là où nous voudrions en arriver est la chose suivante: l'Etat rentier s'avère incapable de construire un Etat nation, il contribue à desserrer les relations sociales mais non point à les réorganiser en fonction d'objectifs nationaux pour lesquels les individus se constitueraient en sociétés interdépendantes et cohérentes. L'Etat ne se situe pas dans la perspective d'un instrument d'une fin sociale. La rente défait donc et ne construit pas la société, sépare de ce fait la construction étatique de la construction sociale et expose en conséquence la première à un certain nombre de dérives. Une première dérive trouverait son origine dans le mouvement du système interétatique (les «Etats-Unis du monde») qui aurait tendance à la soumettre à ses logiques diverses. La construction étatique manquant d'ancrage social, ayant de la peine à se donner des objectifs propres ou à investir ceux dominants, serait livrée à la gravitation autour du mouvement des intérêts dominant le système interétatique. Une autre dérive tiendrait des mouvements de la construction étatique et de la construction sociale vis-à-vis l'un de l'autre. Plutôt qu'un rapport d'intégration, c'est un rapport de désintégration qui se mettrait en place, comme celui que peuvent entretenir un Etat rentier et une société rentière sans détour de production et que nous pourrions caractériser comme un rapport d'extraction-destruction.
Quotidien d'Oran
Auteur: Arezki Derguini
Les chercheurs pourraient aujourd'hui s'accorder sur le fait que les rapports entre ces deux termes ne sont pas régis par une loi générale, après avoir longtemps réduit l'un des termes au second. La confusion, l'association entre les deux termes signifiait l'intégration de la construction nationale dans la construction étatique (Darviche 2001). Comme on a pu le supposer dans nos sociétés, la construction nationale devait suivre la construction étatique si elle devait prendre quelques consistances. Car pour beaucoup au départ, la construction nationale (la «Nation») si elle n'était pas le problème (la société traditionnelle comme obstacle au développement) ne prenait aucune consistance propre et ne pouvait donc être le point de départ de la construction étatique. Il y avait donc dans l'esprit de nos planificateurs un projet de construction étatique, la société se réduisant aux individus organisés par une telle construction et la Nation à une référence idéologique abstraite empruntant à des réminiscences sociales diverses (religieuses et tribales principalement). Dans le sillage de la logique coloniale, la construction étatique continue de vouloir intégrer la construction sociale dans la construction étatique, c'est-à-dire de séparer les individus de telle sorte qu'ils ne peuvent constituer des puissances, des collectifs réels dont les interactions pourraient être à la base d'une dynamique sociale. On peut se demander si cette confusion n'ajoute pas des difficultés à l'aboutissement des deux processus (Linz 1997).
Dans une telle problématique de la construction étatique, on peut se demander à quoi pourrait bien servir la construction nationale. Pour les uns la question ne se pose pas ou peut servir d'alibi, pour d'autres elle aiderait à mieux comprendre son oubli, son effacement mais aussi à voir si les succès ou les échecs de l'une doivent être associés ou non aux succès et échecs de l'autre.
Là où nous voudrions en arriver est la chose suivante: l'Etat rentier s'avère incapable de construire un Etat nation, il contribue à desserrer les relations sociales mais non point à les réorganiser en fonction d'objectifs nationaux pour lesquels les individus se constitueraient en sociétés interdépendantes et cohérentes. L'Etat ne se situe pas dans la perspective d'un instrument d'une fin sociale. La rente défait donc et ne construit pas la société, sépare de ce fait la construction étatique de la construction sociale et expose en conséquence la première à un certain nombre de dérives. Une première dérive trouverait son origine dans le mouvement du système interétatique (les «Etats-Unis du monde») qui aurait tendance à la soumettre à ses logiques diverses. La construction étatique manquant d'ancrage social, ayant de la peine à se donner des objectifs propres ou à investir ceux dominants, serait livrée à la gravitation autour du mouvement des intérêts dominant le système interétatique. Une autre dérive tiendrait des mouvements de la construction étatique et de la construction sociale vis-à-vis l'un de l'autre. Plutôt qu'un rapport d'intégration, c'est un rapport de désintégration qui se mettrait en place, comme celui que peuvent entretenir un Etat rentier et une société rentière sans détour de production et que nous pourrions caractériser comme un rapport d'extraction-destruction.
Quotidien d'Oran








