Le miracle de Sidna Moussa et l'innocentement de Sidna Soulaimane
L'histoire de Sidna Moûssa (alayhi salâm) montre qu'il existe des différences fondamentales entre les actes surnaturels réalisés par le biais du sihr et les prodiges(mou'djizât) réalisés par les Prophètes et Messagers d'Allah (alayhimou salâm) : il ne peut donc y avoir de confusion entre les deux. Pour simplifier, on pourrait dire que les principales différences entre eux sont les suivantes :
- Le mou'djizah est un miracle qui est réalisé directement par ordre de Dieu, sans l'intermédiaire d'un quelconque moyen visible ou invisible, dans le but d'attester de la véracité d'un nabiy(prophète) ou d'un rassoûl(envoyé de Dieu). La faculté de réaliser un mou'djizah (miracle) n'est pas quelque chose qui s'acquiert par un apprentissage et le Prophète ('alayhi salâm) qui est nécessairement une personne d'une très grande piété et d'une moralité exemplaire ne peut produire un miracle quand il le veut.
- Le sihr est, pour sa part, un exercice occulte qui permet la réalisation de choses paranormales liées à certaines causes invisibles (comme l'action des djinns ou des chayâtîn,…) et qui fait appel à des rituels occultes bien déterminés. Ce genre d'actions peut donc être réalisé à tout moment par quiconque apprend la magie et la sorcellerie. Et bien évidemment, le sihr est pratiqué de gens qui sont éloignés de Dieu et qui s'adonnent à des pratiques maléfiques.
La force et la puissance des mou'djizât (miracles) dominent de loin celles du sihr, comme cela s'est clairement manifesté lors de la confrontation entre Sidna Moussa (alayhi salâm) et les magiciens de son époque.
La gravité d'as sihr
Lorsqu'une personne pratique la magie et la sorcellerie, si son action consiste à accomplir des actes de koufr (comme l'invocation des forces sataniques et démoniaques pour rechercher leur aide par exemple) –ce qui est le cas en général-, il ne fait aucun doute que son Imân est immédiatement annulé (s'il s'agit d'un croyant); il devient donc de suite kâfir et est exclu de l'islam, avec toutes les graves conséquences que cela implique pour lui (comme l'effacement des récompenses de ses bonnes œuvres accomplies auparavant, l'annulation du hadj obligatoire (si celui-ci avait déjà été fait), la rupture du nikâh (lien du mariage), le risque de se retrouver pour l'éternité en enfer (si sa mort survient dans cet état) (…)
Ce n'est pas sans raison que, dans deux des passages coraniques qui ont été cité précédemment, c'est le terme koufr qui a été employé pour désigner le sihr :
Ainsi, pour innocenter Souleïmân ('alayhi salâm) de la magie et de la sorcellerie, il est dit :
مَا كَفَرَ سُلَيْمَانُ
c'est-à-dire que "Souleïmân n'avait jamais fait le koufr"