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Langue et dyglossie le Sam 7 Nov - 14:24
admin
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Le Quotidien d’Algérie
par Salim Ahmed-Nacer
La langue est un moyen de communication multifonctionnel ; un outil pour un discours politique, pour une exposition d’une analyse scientifique, aussi pour une expression sentimentale. C’est la matrice dans laquelle se meut notre cognition collective. Elle est le socle stabilisateur du système socioculturel d’une société.
Une personne qui ne peut exprimer et extérioriser son état émotionnel par manque linguistique, ne pourrait se libérer puisqu’elle est prisonnière d’elle-même, le cas de l’algérien. La réputation d’être nerveux ne surgit pas du hasard. L’outil linguistique perfectionniste nous fait défaut, une tare qui nous prive à développer un concept idéel quelconque. Vu le totalitarisme régnant en Algérie, que se soit à la maison, à l’école, là où on va, il y’a un chikour au comportement arbitraire, il est donc impératif que dans une telle atmosphère notre réservoir linguistique se réduise à un minimum vital qui nous assure juste à fonctionner au quotidien pour survivre. Je pourrais même prétendre que cette réduction linguistique est la source principale de nos maux. Et aussi la cause de notre impuissance envers nos souffrances, car il nous échappe de les traiter selon les normes du débat et de la rationalité. Par ceci on est damné à un fonctionnement instinctif et superficiel. On le voit bien, une économie au niveau trabendiste, tous les secteurs manquent de professionnalisme, même l’opposition politique ne fait que râler. Que du superficiel et du bricolage.
De ma part je crois qu’une étude statistique objective sur le choix de la langue par le peuple algérien, mènerait indubitablement vers l’arabe. Quoique génétiquement 75% de la population sont non-arabes (berbères). Les facteurs socioculturels qui conditionnent ce choix sont surtout d’ordre cultuel, c’est le coran qui a arabisé les berbères et non les arabes. Par conséquent, la culture berbéro-musulmane est fondée sur une arabité coranique et non pas arabe. La langue arabe est la seule qui fait vibrer les cordes les plus sensibles qui constituent l’âme algérienne; par contre la langue berbère est notre référentiel identitaire. Voilà les deux langues qui composent notre espace naturel linguistique. Sans intentions haineuses je dirais que la langue française s’est greffée à notre corps linguistique comme un parasite. Pour ceux qui aiment soigner cette langue, je ne leur souhaite que du succès dans leur entreprise; mais là à vouloir l’imposer à tout un peuple dont le besoin n’est point substantiel, c’est du totalitarisme intellectuel vulgaire.
Vous affirmez que la langue française est en déperdition totale, peut-être au niveau international mais pas en Algérie, puisqu’elle est imposée déjà précocement aux cours primaires. Après 1962 tous les moyens étaient bons pour assurer un minimum d’instruction, on devait tout prendre même les cordonniers égyptiens, on était 60 élèves par classe. La situation était dure, au départ des français il y’avait plus de 90% d’analphabètes algériens. Qu’auriez vous fait avec un peuple pareil ? Difficile sans ingénieurs, sans techniciens, sans compétences. D’ailleurs le drame se poursuit jusqu’à nos jours présents, l’incompétence nous rit de tout bord.
Bientôt 50 ans après l’indépendance, une certaine intelligentsia s’est formée et je ne crois pas qu’elle va lâcher le morceau car l’injustice est le germe principal pour féconder une révolution, un changement, du nouveau. Un processus naturel, certains l’appellent évolutionnisme, d’autres le perçoivent comme lois divines. Moi je l’appelle perfectionnisme. Le changement est inéluctable, je ne le dis pas pour chatouiller mes illusions et mes espérances. Il faut être aveugle pour ne pas voire toutes ces anomalies au sein de notre société, ces ingrédients aux odeurs qui présagent l’incontournable.
L’Algérie de demain est à nos portes, embrassons la, aimons la, chérissons la. Il ne faut plus qu’elle saigne, terre martyre, il ne faut plus qu’elle pleure, terre généreuse.
Fraternellement
Un algérien du ghachi
par Salim Ahmed-Nacer
La langue est un moyen de communication multifonctionnel ; un outil pour un discours politique, pour une exposition d’une analyse scientifique, aussi pour une expression sentimentale. C’est la matrice dans laquelle se meut notre cognition collective. Elle est le socle stabilisateur du système socioculturel d’une société.
Une personne qui ne peut exprimer et extérioriser son état émotionnel par manque linguistique, ne pourrait se libérer puisqu’elle est prisonnière d’elle-même, le cas de l’algérien. La réputation d’être nerveux ne surgit pas du hasard. L’outil linguistique perfectionniste nous fait défaut, une tare qui nous prive à développer un concept idéel quelconque. Vu le totalitarisme régnant en Algérie, que se soit à la maison, à l’école, là où on va, il y’a un chikour au comportement arbitraire, il est donc impératif que dans une telle atmosphère notre réservoir linguistique se réduise à un minimum vital qui nous assure juste à fonctionner au quotidien pour survivre. Je pourrais même prétendre que cette réduction linguistique est la source principale de nos maux. Et aussi la cause de notre impuissance envers nos souffrances, car il nous échappe de les traiter selon les normes du débat et de la rationalité. Par ceci on est damné à un fonctionnement instinctif et superficiel. On le voit bien, une économie au niveau trabendiste, tous les secteurs manquent de professionnalisme, même l’opposition politique ne fait que râler. Que du superficiel et du bricolage.
De ma part je crois qu’une étude statistique objective sur le choix de la langue par le peuple algérien, mènerait indubitablement vers l’arabe. Quoique génétiquement 75% de la population sont non-arabes (berbères). Les facteurs socioculturels qui conditionnent ce choix sont surtout d’ordre cultuel, c’est le coran qui a arabisé les berbères et non les arabes. Par conséquent, la culture berbéro-musulmane est fondée sur une arabité coranique et non pas arabe. La langue arabe est la seule qui fait vibrer les cordes les plus sensibles qui constituent l’âme algérienne; par contre la langue berbère est notre référentiel identitaire. Voilà les deux langues qui composent notre espace naturel linguistique. Sans intentions haineuses je dirais que la langue française s’est greffée à notre corps linguistique comme un parasite. Pour ceux qui aiment soigner cette langue, je ne leur souhaite que du succès dans leur entreprise; mais là à vouloir l’imposer à tout un peuple dont le besoin n’est point substantiel, c’est du totalitarisme intellectuel vulgaire.
Vous affirmez que la langue française est en déperdition totale, peut-être au niveau international mais pas en Algérie, puisqu’elle est imposée déjà précocement aux cours primaires. Après 1962 tous les moyens étaient bons pour assurer un minimum d’instruction, on devait tout prendre même les cordonniers égyptiens, on était 60 élèves par classe. La situation était dure, au départ des français il y’avait plus de 90% d’analphabètes algériens. Qu’auriez vous fait avec un peuple pareil ? Difficile sans ingénieurs, sans techniciens, sans compétences. D’ailleurs le drame se poursuit jusqu’à nos jours présents, l’incompétence nous rit de tout bord.
Bientôt 50 ans après l’indépendance, une certaine intelligentsia s’est formée et je ne crois pas qu’elle va lâcher le morceau car l’injustice est le germe principal pour féconder une révolution, un changement, du nouveau. Un processus naturel, certains l’appellent évolutionnisme, d’autres le perçoivent comme lois divines. Moi je l’appelle perfectionnisme. Le changement est inéluctable, je ne le dis pas pour chatouiller mes illusions et mes espérances. Il faut être aveugle pour ne pas voire toutes ces anomalies au sein de notre société, ces ingrédients aux odeurs qui présagent l’incontournable.
L’Algérie de demain est à nos portes, embrassons la, aimons la, chérissons la. Il ne faut plus qu’elle saigne, terre martyre, il ne faut plus qu’elle pleure, terre généreuse.
Fraternellement
Un algérien du ghachi






